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Le plaisir des sens

Dans ma pratique de bien-être et au travers de mes accompagnements, j’accorde une grande importance aux sens. Ils sont des antennes qui nous permettent de percevoir la vie : sans eux, impossible d’évoluer dans notre environnement sans danger ni avec du plaisir. Dans cet article, je te propose un focus sur l’importance des sens et quelques pistes pour les stimuler.


Les sens, nous avons tous les mêmes, sauf cas de handicap, et pourtant nous avons tous notre propre perception du monde, différente de celle du voisin. N’est-ce pas incroyable ? Sans parler de l’immense variété d’éléments à percevoir. Que ce soit au niveau de la vue, de l’ouïe, du toucher, de l’odorat ou du goût, notre monde regorge de senteurs, de textures, de sons à expérimenter et devant lesquels s’émerveiller (ou pas).

Comme nous sommes tous différents par rapport à nos perceptions, certains auront un sens plus développé que les autres. Et à titre personnel, chacun peut avoir sa hiérarchie des sens, avec son sens fétiche et ceux un peu moins importants. Ceci est déjà une première approche que tu peux faire vis-à-vis de tes sens : y en a-t-il un que tu préfères solliciter ? Si tu devais en perdre un, lequel te « manquerait » le moins/le plus ? Même si on est bien d’accord que la perte d’un sens est grave et traumatisante, rien de drôle là-dedans : c’est simplement un exercice pour te faire prendre conscience de l’importance que tu accordes à tes différents sens.

La perte d’un sens

Comme pour toute chose, c’est quand on la perd qu’on se rend compte de sa valeur. C’est bateau comme phrase n’est-ce pas ? Oui, et pourtant c’est tellement vrai. Je pense ne pas être, comme beaucoup d’autres personnes, assez consciente au quotidien de la chance que j’ai : d’être en bonne santé, de vivre dans un cadre de vie plaisant, d’avoir un corps qui me permet de bouger et de percevoir des tas de sensations agréables. Alors oui c’est cliché, mais ça ne fait pas de mal de le rappeler.

Quand j’ai totalement perdu le goût et l’odorat pendant une semaine avec la visite du dernier virus à la mode, j’ai été un peu étonnée de ce que ça faisais, puis je me suis dit « ce n’est pas grave, c’est l’affaire de quelques jours ». Mais même quelques jours, ce fut looooonnnng ! Moi qui aime tant manger, souvent avec gourmandise, je me suis vu verser des larmes de tristesse et de nostalgie en mangeant de la nourriture perçue sans saveur. Plus rien n’avait de goût, tout était fade, j’aurais pu manger les croquettes du chien ça aurait été pareil ! (pas pour le chien par contre, il aurait fait la tronche).

Bon je sais, ça se relativise : il y a pire que de perdre temporairement un sens, je suis d’accord et je n’écris pas cet article en mode victimisation loin de là. L’idée c’est simplement de mettre de la conscience sur des choses que l’on prend pour acquises et dont on ne se soucie guère au quotidien. Je te laisse imaginer ma joie quand le goût et l’odorat ont recommencé à fonctionner doucement dans mon corps. J’étais focalisée sur mes sensations pour tenter de percevoir chacun des différents goûts et odeurs : une pleine conscience absolue au moment des repas, chose rare dans mon quotidien. Et dans le tien ? A l’heure où j’écris ces lignes, il y a de l’amélioration mais mes sens sont loin d’être complètement revenus : ce n’est pas grave, je profite déjà grandement de leur retour juste avant les fêtes de fin d’année !

Si tu es passé par cette épreuve avec la visite du fameux virus d’actualité, je te conseille un protocole olfactif destiné à stimuler ton odorat. *

Stimuler ses sens, une affaire de conscience

Voici quelques idées d’expériences à réaliser très simplement pour stimuler tes sens. Ces suggestions sont réalisables par tous, du moment que tu acceptes de t’octroyer un peu de temps pour et avec toi-même. Ce n’est tout de même pas un luxe, si ?

Mets-toi une alarme plusieurs fois par jour. Quand elle sonne, tu t’arrêtes dans ton activité, tu te poses et tu fais le point :

  • Qu’est-ce que tu ressens à l’instant ? A l’intérieur de ton corps, des sensations qui peuvent être liées à des émotions, à des douleurs, à la faim… Et à l’extérieur de ton corps, en surface : chaud, froid, contact avec un vêtement, vent sur ta peau…
  • Tu peux faire la même chose avec l’audition : quels sons te parviennent à l’instant ? Tends bien l’oreille pour essayer de percevoir même les plus infimes. Notes si ces sons sont graves, aigus, répétitifs, fugaces, sans chercher à les nommer.
  • Le même exercice est réalisable pour la vue et l’odorat.

Une autre idée peut être de déguster un repas en pleine conscience. Pour cela, les distractions (écran, livre et tout autre activité) sont interdites. Prends bien le temps de mâcher tes aliments, de prêter attention à leur texture, à leur goût et même à leur passage dans ton œsophage ! Un petit conseil pour ne pas manger trop vite : repose tes couverts entre chaque bouchée. Et si tu veux mettre un peu de challenge dans cette expérience, tu peux très bien déguster ce repas à l’aveugle, dans le noir total ou avec les yeux bandés. Il est bien connu que la privation d’un sens exacerbe les autres.

Tu l’auras compris, l’idée est de faire une pause pour mettre de la conscience dans ce que tu vis à l’instant présent.

Tu peux donc réaliser ces exercices régulièrement, et idéalement en variant les endroits où tu trouves. Ce processus d’éveil des sens fait partie intégrante de la pratique du bain de forêt. Il permet de se recentrer dans son corps et dans l’instant présent, en laissant de côté le mental et notre quotidien. C’est ce qui permet de switcher vers un autre état d’esprit, plus ouvert et à l’écoute. Si tu n’as jamais pratiqué cet exercice et si tu souhaites être guidé.e à le réaliser dans la nature, où la variété des perceptions est incroyable, je te suggère de venir participer à un bain de forêt : ça vaut le coup ! Je propose également un atelier sensoriel consacré à l’éveil des sens par le biais de différentes animations ludiques. Il est réalisable en intérieur et en extérieur. Entre amis ou en famille, viens réveiller tes sens et passer un moment convivial et agréable !

Je te souhaite une belle journée, pleine de saveurs et de couleurs !



*Covidanosmie est une application qui te propose un protocole simple à base d’huiles essentielles afin de stimuler ton odorat. L’idée est de prendre un temps pour toi matin et soir et de respirer un à un 4 flacons d’huiles essentielles. Au fur et à mesure de la pratique, tu pourras constater des améliorations. Je te laisse te renseigner par ici.

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A la découverte de la sylvothérapie

forêt Ardèche méridionale

La sylvothérapie, connue aussi sous le terme de « bain de forêt », est une pratique de bien-être émergente dans nos pays occidentaux. Au-delà d’un effet de mode, il s’agit en fait d’une philosophie de vie, d’une certaine relation que l’on entretient avec le Vivant. Zoom sur cette pratique qui gagne à se propager pour sa simplicité et les bienfaits qu’elle apporte.

Définition et origines de la sylvothérapie

La sylvothérapie, du latin silva = la forêt, est une pratique de bien-être qui consiste à bénéficier des bienfaits de la nature, et plus spécifiquement ceux des arbres, pour améliorer nos états physique, psychique et émotionnel. Elle est connue également sous le terme japonais shinrin yoku, qui signifie littéralement « se laisser envelopper par la forêt ».

Châtaigneraie en automne

Cette pratique a pris son essor au Japon dans les années 1980, à l’initiative du ministère en charge de la ressource forestière : l’idée était de valoriser cette ressource fortement présente sur le territoire. Et comme à cette même période, le pays faisait face à une vague de surmenage au sein de la population, allant jusqu’à constater des décès dus au stress, la population a été invitée à aller se promener en forêt. C’est à partir de là que l’intérêt des scientifiques s’est porté sur le rôle de la forêt sur la santé des êtres humains. Constatant en nombre des bienfaits similaires sur les personnes revenant de balades forestières, des études ont été menées pour comprendre par quels moyens les arbres faisaient du bien aux humains. Car oui, la nature, les arbres, sont généreux et nous font du bien. Ce n’est pas moi, défenseuse de l’environnement, qui le dit, mais de nombreuses études scientifiques qui depuis ont démontré les bienfaits du contact avec la nature, et plus particulièrement dans notre cas de la forêt.

Les bienfaits du bain de forêt

Différents facteurs interviennent dans cette médecine forestière. Des facteurs physiques, tels que la température de l’air, l’humidité, la luminosité, la vitesse du vent, le paysage sonore. Des facteurs chimiques comme les phytoncides (composés organiques volatiles dérivés des plantes/arbres) tels que l’alpha-pinène et le limonène qui sont des terpènes. Et encore des facteurs psychologiques qui reflètent l’évaluation subjective de l’environnement forestier comme la lumière/l’obscurité, la détente/la stimulation, le calme/le bruit, le bien/le mal, la tension/la détente, l’uni/le coloré.

Parmi les aspects clés de la médecine forestière, on retrouve :

  • la présence d’eau, chargée en ions négatifs qui soulagent les difficultés respiratoires ;
  • le paysage verdoyant, le vert étant associé à la détente ;
  • les phytoncides ;
  • les microbes présents dans le sol, qui stimulent le système immunitaire et réduisent la dépression ;
  • l’air pur, favorisant une bonne santé respiratoire ;
  • la lumière du soleil, source de vitamine D pour des os sains.

Les principaux bienfaits de la pratique sont les suivants :

  • Diminution du stress, de la morosité, des états anxieux et dépressifs ;
  • Augmentation de la créativité et de l’attention ;
  • Amélioration générale de l’humeur, du sommeil, du système immunitaire ;
  • Reconnexion à son intuition ;
  • Approfondissement de son lien avec la Nature.

Le bonus d’une pratique régulière ? Optimiser les bienfaits ressentis, être conscient.e de sa place d’humain dans le monde et l’intégrer dans sa vie quotidienne, respecter la Terre-Mère.

Alliance des phytoncides et des ions négatifs

Le bain de forêt en pratique

La thérapie par les arbres peut se pratiquer seul.e ou en groupe avec un guide. Cela dépendra de différents critères et de ce que tu recherches. Le tableau ci-dessous présente les avantages et les inconvénients que j’ai décelés pour chacune des deux options.

AvantagesInconvénients
Sortie seul.eLiberté dans l’organisation de la balade.
Permet d’aller à son rythme, de rester plus longtemps aux endroits qui te font particulièrement de bien.
Offre une totale liberté, la possibilité de facilement lâcher-prise, sans le potentiel regard d’autres personnes.
Nécessite une certaine aisance dans la nature, de connaître les risques, les lieux pour éviter de se perdre ou tout autre danger.
Ce sera à toi de trouver les invitations/activités réalisées : quelques recherches en amont seront nécessaires.
Limite en gestion du temps : pas évident de ralentir de soi-même.
Pas d’échange avec d’autres participants.
Sortie guidée en groupeRichesse des échanges entre participants : on peut se nourrir de l’expérience d’autrui + sentiment d’appartenance d’avoir vécu la même expérience.
Permet de se laisser totalement allé.e car on sait que le guide gère la situation : il connaît le lieu, les potentiels risques, il gère le rythme de la balade. Tu n’as rien à penser, tout est délégué pour que ton expérience soit optimale.
Variété des invitations fournies par le guide, nourrie par son expérience, sa connaissance du terrain et les techniques de conception d’un bain de forêt.
Contrainte de date, de lieu, de rythme : le même pour tout le monde.
Dépasser la peur du regard des autres pour pouvoir se laisser aller à l’expérience.
land art
Création d’un land art

Tout au long du parcours guidé, plusieurs pauses sont effectuées pour te proposer des invitations, terme utilisé pour évoquer les activités suggérées pendant la balade. Comme son nom l’indique, l’invitation est une proposition d’activité : libre à chacun de la suivre ou pas, selon ses ressentis et son aisance. L’idée du bain de forêt est d’accompagner les participants dans leur connexion à la nature, l’essentiel étant qu’ils se sentent bien/à l’aise à tout moment. Ainsi, si une invitation les met inconfortables, libres à eux de s’occuper différemment en attendant de passer à la suite.

Si les invitations rythment le parcours, les temps d’échanges sont aussi une part importante de l’expérience. En effet, les moments de partage permettent à chacun, s’il le souhaite, d’évoquer ce qu’il s’est passé pour lui/elle pendant l’invitation précédente, ses ressentis, les émotions présentes, des souvenirs, ou tout autre élément qu’il aurait sur le cœur. La richesse des échanges permet aux participants de se nourrir des expériences des autres, d’élargir leur compréhension de ce que l’expérience de connexion avec la nature peut apporter à chacun.

Une pratique de bien-être mais surtout un mode de vie

Tu en sais à présent un peu plus sur la sylvothérapie. Elle apparaît comme une pratique de bien-être simple, accessible à chacun. Cependant, autrefois, il y a des centaines et des centaines d’années, la sylvothérapie, qui ne portait pas encore ce nom, n’était pas une pratique mais bien une façon de vivre. 

Nos ancêtres étaient bien plus connectés que nous à la Nature et à ses cycles : c’était inné, leur mode de vie était en adéquation avec les lois de la Nature. Au fil de l’évolution de nos modes de vie et de nos sociétés, ce lien, cet art de vivre a été perdu. Les évolutions, les progrès scientifiques, bien qu’ils ne soient pas à dénigrer, nous ont éloigné de cette sagesse ancestrale et de tous ses enseignements. Différents mouvements et disciplines œuvrent aujourd’hui à restaurer et divulguer ses savoirs :

  • Le mouvement 8 Shields, créé il y a une trentaine d’années par Jon Young, met l’accent sur la transmission des routines fondamentales de connexions à la nature. Ces routines s’inspirent des pratiques trouvées dans toutes les cultures des peuples autochtones, basées sur la nature, à travers le monde. La mise en œuvre quotidienne de ces pratiques permet de se reconnecter avec notre rythme écologique primordial tout en réactivant notre relation empathique avec la Terre. Les sites de Permavisions et de Claire Morinière donnent un aperçu du mouvement.
  • Le chamanisme est une tradition ancestrale qui invite à un voyage pour poser un nouveau regard sur le monde et sur soi-même, en se basant sur une connexion avec la nature et notre propre conscience.
  • Les écoles de la forêt et les associations s’y rapportant. Ici, en Ardèche, l’association Mésange & Libellule fait un magnifique travail pour familiariser les enfants à la nature.

Chacun de nous a la possibilité de renouer ce lien avec la nature, en toute simplicité et authenticité : aller se balader en forêt, contempler le parterre de fleurs dans le parc municipal, s’arrêter pour observer l’oiseau qui s’est posé sur une branche, écouter le son de la pluie sur sa voiture…

Pour finir

Voilà un aperçu de ce qu’est la sylvothérapie, dont l’univers est vaste et enchanteur. Si cela t’attire, je t’incite vivement à venir tester une séance découverte de 2 heures car rien ne vaut l’expérimentation ! Enfin, pour commencer à développer ta connexion à la nature, tu peux t’exercer à ouvrir tes sens lors de tes balades : note tes perceptions et tes ressentis et vois comment ta sensibilité évolue au fil de la pratique. Je suis disponible pour en discuter avec toi si tu en ressens le besoin.

Je te souhaite une douce journée, remplie de beauté.